
Longtemps, sans doute trop sûre d’elle, la France a cru qu’elle n’avait rien à craindre des propagandistes amateurs et apprentis agents d’influence relayant les intérêts de puissances étrangères comme la Russie. Souvent maladroits et voyants, ils n’avaient rien d’espions professionnels. Mais la guerre en Ukraine et les fractures de la société française sur le conflit israélo-palestinien ont montré les effets insidieux de la manipulation de l’information sur les esprits.
Depuis 2023, la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et la justice ont décidé de hausser le ton. « Les collages, pochoirs, peintures, affichages et autres provocations au moyen de cercueils associés à des messages au profit d’intérêts étrangers n’étaient pas judiciarisés avant. Désormais, c’est quasiment systématique », assure-t-on au sein du ministère de la justice. Le parquet de Paris, qui a compétence nationale en matière de poursuites liées à des faits d’intelligence avec une puissance étrangère, confirme que, depuis cette date, « neuf enquêtes ont été ouvertes sur ce seul fondement en lien avec l’Ukraine ou Israël-Palestine ».
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