
Hôpital Sainte-Anne, dans le 14e arrondissement de Paris. Dans son bureau, au pôle 15, destiné aux adultes en souffrance psychique, Stéphane Cognon, 57 ans, montre une certaine fébrilité à la veille de la conférence « L’éducation thérapeutique : l’affaire de tous… Comment s’engager dans le parcours de rétablissement des patients ? ». Car c’est lui, le patient rétabli de la schizophrénie, devenu depuis six ans pair-aidant professionnel dans le groupe hospitalier universitaire (GHU) Paris psychiatrie & neurosciences, qui doit y introduire l’événement, face à 200 participants dont des soignants, des anthropologues, des représentants d’associations de patients. C’est aussi lui qui va être reçu en cette même journée de septembre au ministère de la santé pour y présenter la pair-aidance professionnelle. « Dans ce genre d’exercice, j’ai pas mal d’appréhension, avoue-t-il, alors je travaille beaucoup en amont. » Un stress, donc, mais aussi une joie de parler de ce nouveau métier essentiel dans les parcours de soins et dans la déstigmatisation de la maladie mentale.
A l’instar de la dizaine d’autres pairs-aidants du GHU, Stéphane partage son agenda entre différentes activités d’accompagnement de personnes souffrant de troubles psychiques, comme lui par le passé. Avec l’infirmier en psychiatrie Antoine Denis, il coanime des ateliers de psychoéducation auprès de patients hospitalisés ou en ambulatoire. Le tandem aborde les symptômes, les problèmes de sommeil, la santé sexuelle, les traitements, les rechutes… « Nous sommes complémentaires : Antoine apporte le savoir médical et moi le savoir expérientiel », précise Stéphane Cognon.
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