les présidents d’université s’opposent à la diffusion d’un sondage commandé par le ministère de l’enseignement supérieur

2945


Quelle sera la portée d’une enquête sur l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur si les présidents d’université se refusent à la relayer ? Selon les informations du Monde, l’association France Universités a informé le ministère de l’enseignement supérieur, dans un courrier lundi 24 novembre, qu’au vu d’« un certain nombre de problèmes dans sa conception et les questions posées », elle ne cautionnerait pas le sondage de 44 pages établi par l’IFOP censé permettre de « quantifier le phénomène ».

Certaines questions ont suscité l’émoi dans la communauté universitaire, « y compris auprès des responsables administratifs et juridiques des établissements [quant au] respect du RGPD [le Règlement général sur la protection des données personnelles, et à la] neutralité de l’Etat », relève France Universités.

Depuis le 18 novembre, les enseignants-chercheurs et personnels administratifs de l’enseignement supérieur sont invités par le ministère à répondre à ce sondage qui les conduit à se prononcer notamment sur le conflit israélo-palestinien, mais aussi à indiquer leur appartenance ou leur proximité avec un parti politique ainsi que leur religion éventuelle.

« Cette enquête repose sur une méthodologie scientifique et des questions élaborées par les chercheurs du Cevipof », le centre de recherches politiques de Sciences Po, répond le ministère dans un communiqué lundi soir. « La participation est facultative et le choix de la diffuser et d’y répondre est naturellement laissé à l’entière discrétion des établissements et de leurs personnels », poursuit-il tout en précisant que « le Cevipof garantit la confidentialité absolue de l’ensemble des données recueillies qui seront hébergées sur des serveurs hautement sécurisés ».

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Antisémitisme : 1 570 actes recensés en France en 2024

« Aucune crédibilité »

L’enquête, pour l’heure hébergée sur le cloud de Google, comprend deux volets, l’un à destination des étudiants et l’autre du personnel. Les résultats seront exploités par deux chercheurs, experts en statistiques et analyses de données et des attitudes et comportements politiques au Cevipof dans le cadre d’un programme de recherche qu’avait annoncé le ministre Philippe Baptiste, le 29 avril.

Il vous reste 63.71% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link