Des œuvres sur les souffrances de la seconde guerre mondiale en Chine

4610


Kai Tomioka (au centre) dans « Deep in Memory », de la chorégraphe chinoise Tong Ruirui, à Pékin, en août 2025.

La danse a-t-elle le pouvoir de tout dire ? Comment le massacre de Nankin, perpétré en 1937 par les troupes japonaises qui envahirent la capitale chinoise d’alors, y tuèrent 300 000 personnes et violèrent des dizaines de milliers de femmes en six semaines, peut-il devenir matière à danser ? Réponse avec le spectacle Deep in Memory, créé en 2017 par la chorégraphe chinoise Tong Ruirui, et à l’affiche, du 21 au 23 novembre, de l’Opéra-Comique, à Paris. Avec la compagnie Jiangsu Performing Arts Group, basée à Nankin, cette artiste travaille pour la seconde fois sur cet événement sanglant dont les archives ont été inscrites au registre international de la mémoire du monde de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture en 2015.

Après une première pièce intitulée Nankin 37 (2005), Tong Ruirui propose ici une œuvre de groupe en prenant de nouveau appui sur le livre publié en 1997 Le Viol de Nankin (Payot), écrit par la journaliste et autrice sino-américaine Iris Chang, qui s’est suicidée en 2004 à l’âge de 36 ans. A partir de ce document source, Tong Ruirui a choisi d’incarner l’histoire à travers différents personnages, dont Iris Chang elle-même, l’homme d’affaires allemand John Rabe (1882-1950), qui mit en place une zone de protection des civils, la missionnaire américaine Minnie Vautrin, qui abrita des femmes et des enfants dans son collège, Li Xiuying, décédée en 2004, survivante du massacre, et le soldat japonais Shiro Azuma (1912-2006). Une quarantaine d’interprètes entourent ce quintette.

Il vous reste 69.38% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link