80 prisonniers politiques libérés après une loi d’amnistie, des centaines restent détenus

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Le président du Parlement vénézuélien, Jorge Rodriguez, à Caracas, le 21 février 2026.

Quatre-vingts prisonniers politiques ont été libérés samedi 21 février au Venezuela dans le cadre d’une amnistie accordée à 379 personnes, a déclaré le président du Parlement, Jorge Rodriguez, à l’Agence France-Presse (AFP).

La justice vénézuélienne a accordé la liberté à 379 prisonniers politiques, avait annoncé tard dans la nuit de vendredi le parlementaire auteur du texte de loi d’amnistie. Cette loi, votée par les députés et promulguée jeudi, avait été promise sous la pression des Etats-Unis par la présidente par intérim Delcy Rodriguez qui a pris les rênes du pouvoir après la capture du président Nicolas Maduro au cours d’une opération militaire américaine le 3 janvier.

Ces personnes « doivent être libérées et amnistiées entre ce soir et demain matin », avait annoncé le parlementaire Jorge Arreaza, lors d’une interview télévisée, précisant que « le ministère public a adressé aux tribunaux compétents des demandes d’amnistie ».

Plusieurs experts mettent néanmoins en doute sa portée : des centaines de détenus, tels que des policiers et des militaires impliqués dans des activités qualifiées de « terroristes », pourraient en être exclus. La mesure ne couvre pas entièrement la période 1999-2026, celle des présidences d’Hugo Chavez (1999-2013) et de son successeur Nicolas Maduro, la loi faisant référence à 13 périodes précises.

« Bilan négatif »

Aux abords des prisons, de nombreux proches de détenus politiques attendent depuis des semaines la libération potentielle de leur proche. D’après l’ONG Foro Penal, 448 prisonniers politiques sont sortis de cellule depuis l’annonce de libérations conditionnelles par le gouvernement intérimaire début janvier mais près de 650 autres croupissent toujours en prison.

Vendredi, le directeur de Foro Penal, Alfredo Romero, a relevé en conférence de presse que l’amnistie n’était « pas automatique », critiquant la procédure à suivre en justice pour pouvoir en bénéficier. « Le bilan de la loi est négatif » parce qu’elle laisse beaucoup de gens de côté, juge Ali Daniels, le directeur de l’ONG Acceso a la Justicia, qui met en exergue de « graves déficiences structurelles ».

L’opposant Juan Pablo Guanipa, libéré le 8 février après neuf mois de détention pour « conspiration » puis à nouveau arrêté quelques heures plus tard, a annoncé vendredi être complètement libre, son assignation à résidence n’étant plus en vigueur. « Nous allons tous nous battre pour que ce qui vient de commencer devienne une réalité et que nous ayons la démocratie, la liberté pour tous et à égalité ! », a lancé cet allié de la cheffe de l’opposition et Prix Nobel de la paix Maria Corina Machado, devant ses sympathisants réunis à Maracaibo, la deuxième ville du pays, réclamant des élections.

D’Espagne, où il est en exil, Edmundo Gonzalez Urrutia, le candidat de l’opposition qui revendique la victoire à la présidentielle de 2024, a estimé qu’il n’y aurait « pas de réconciliation durable sans mémoire » et sans « réparation ».

Delcy Rodriguez, qui gouverne sous pression américaine, avait promis une amnistie ainsi qu’une réforme judiciaire le 30 janvier. Elle a fait adopter par la voie express une nouvelle loi sur le pétrole ouvrant le secteur au privé et a amorcé une normalisation des relations avec les Etats-Unis, rompues depuis 2019.

Saluant l’amnistie, Madrid a déclaré qu’elle comptait demander à l’Union européenne de lever les sanctions pesant sur la présidente vénézuélienne par intérim.

Le Monde avec AFP



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